Les thérapies de la "troisième vague"
- Kasia Nowak-Choux

- 2 févr.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 avr.

Les thérapies de la troisième vague : une approche plus souple, plus consciente et plus ancrée dans la vie réelle
Les thérapies de la troisième vague sont issues de l’évolution des thérapies cognitivo-comportementales. Elles conservent l’intérêt des approches TCC pour la compréhension des difficultés psychologiques et pour la mise en place d’outils concrets, mais elles proposent une manière plus large et plus nuancée d’aborder la souffrance psychique.
Là où certaines approches classiques mettent surtout l’accent sur la modification des pensées ou des comportements problématiques, les thérapies de la troisième vague accordent une place importante à la pleine conscience, à l’acceptation, à la relation que l’on entretient avec ses pensées et ses émotions, ainsi qu’à la capacité d’agir de façon plus libre et plus cohérente dans sa vie.
Elles sont aujourd’hui largement utilisées et appuyées par des recherches scientifiques, notamment dans l’accompagnement de l’anxiété, du stress, de la dépression, des difficultés émotionnelles et relationnelles, ainsi que dans les périodes de transition ou de changement de vie.
Une évolution des thérapies cognitivo-comportementales
Les TCC ont montré depuis longtemps leur efficacité pour aider les personnes à mieux comprendre certains mécanismes psychologiques et à développer des stratégies concrètes face à leurs difficultés. Les thérapies de la troisième vague s’inscrivent dans cette continuité, mais elles déplacent légèrement le centre de gravité.
L’objectif n’est plus seulement de chercher à réduire un symptôme, à modifier une pensée négative ou à corriger un comportement. Il s’agit aussi d’aider la personne à transformer sa manière d’entrer en relation avec ce qu’elle vit intérieurement.
Autrement dit, on ne cherche pas uniquement à faire disparaître l’inconfort. On travaille aussi à développer une manière plus souple, plus consciente et plus apaisée de vivre avec certaines pensées, certaines émotions ou certaines sensations, sans qu’elles prennent toute la place ni dictent automatiquement les comportements.
La pleine conscience : observer sans se laisser emporter
L’un des piliers importants de ces approches est la pleine conscience. Il s’agit d’apprendre à observer ce qui se passe en soi — pensées, émotions, sensations corporelles — avec davantage de présence et moins de jugement.
Dans la vie quotidienne, beaucoup de réactions se mettent en place de manière très rapide et presque automatique. Une pensée apparaît, une émotion monte, et nous réagissons immédiatement, parfois sans même avoir le sentiment d’avoir choisi. La pleine conscience permet de créer un léger espace entre ce que l’on ressent et la façon dont on agit.
Cet espace est précieux. Il ne supprime pas les difficultés, mais il permet souvent de mieux les comprendre, de les traverser différemment et de répondre de façon plus ajustée à ce qui se présente.
L’acceptation : arrêter de lutter contre ce qui ne peut pas être contrôlé
Un autre principe essentiel est celui de l’acceptation. Ce terme peut prêter à confusion s’il est mal compris. Il ne signifie pas se résigner, ni renoncer à changer ce qui peut l’être. Il signifie plutôt reconnaître que certaines émotions, certaines pensées ou certaines sensations font partie de l’expérience humaine, et que vouloir les éliminer à tout prix peut parfois aggraver la souffrance.
Beaucoup de personnes passent une grande partie de leur énergie à essayer de ne pas ressentir l’anxiété, la tristesse, la colère, la honte ou l’incertitude. Pourtant, cette lutte intérieure finit souvent par renforcer ce que l’on voudrait éviter.
L’acceptation propose une autre voie : apprendre à faire une place à ce qui est difficile, sans s’y soumettre, sans s’y confondre, mais sans entrer non plus dans une bataille intérieure permanente. Cela permet souvent de retrouver plus de disponibilité pour agir là où l’on a réellement une marge de manœuvre.
Valeurs et engagement : avancer vers ce qui compte vraiment
Les thérapies de la troisième vague accordent aussi une grande importance aux valeurs. Une valeur n’est pas un objectif ponctuel que l’on atteint une fois pour toutes ; c’est plutôt une direction, une manière de vouloir être dans sa vie, dans ses relations, dans son rapport à soi-même et au monde.
Lorsque l’on traverse une période difficile, on peut facilement perdre de vue ce qui compte profondément pour soi. On se met alors à fonctionner surtout pour éviter l’inconfort, réduire l’angoisse ou tenir le coup. C’est compréhensible, mais cela peut aussi éloigner peu à peu de ce qui donne du sens.
Le travail thérapeutique aide alors à identifier ce qui est important pour la personne, puis à retrouver des formes d’engagement concrètes en accord avec ses valeurs. Cela ne signifie pas agir sans difficulté, mais apprendre à continuer à avancer, même en présence de doutes, d’émotions inconfortables ou d’obstacles.
La flexibilité psychologique : sortir des réactions automatiques
La notion de flexibilité psychologique est centrale dans ces approches. Elle désigne la capacité à rester en contact avec ce que l’on vit, à prendre en compte le contexte, et à choisir des comportements plus adaptés plutôt que de réagir de manière automatique ou rigide.
Lorsque nous sommes stressés, anxieux ou blessés, nous avons souvent tendance à répéter les mêmes réponses : éviter, fuir, nous refermer, nous suradapter, contrôler excessivement, ruminer, nous critiquer, ou au contraire agir de façon impulsive. Ces réactions sont souvent compréhensibles, mais elles ne sont pas toujours utiles à long terme.
Développer la flexibilité psychologique, c’est apprendre à se dégager un peu de ces automatismes pour pouvoir répondre autrement. C’est retrouver une forme de liberté intérieure là où, auparavant, la réaction semblait imposée.
Des approches particulièrement utiles dans de nombreuses difficultés
Les thérapies de la troisième vague se montrent particulièrement pertinentes pour l’accompagnement de l’anxiété, du stress, de la dépression, des difficultés émotionnelles, de certaines problématiques relationnelles, ainsi que pour les personnes confrontées à des périodes de changement ou de transition de vie.
Elles peuvent être très utiles lorsque l’on se sent envahi par ses pensées, bloqué dans des ruminations, coupé de ses émotions, ou pris dans des réactions répétitives qui alimentent la souffrance. Elles offrent des outils concrets, mais sans réduire la personne à une simple liste de symptômes ou de techniques à appliquer.
Elles peuvent aussi être particulièrement adaptées aux personnes vivant dans des contextes multiculturels ou d’expatriation. En effet, ces situations demandent souvent une grande capacité d’adaptation, confrontent à l’incertitude, remettent en question certains repères et génèrent parfois des tensions émotionnelles ou identitaires importantes. Dans ces contextes, apprendre à mieux accueillir ce qui se vit, à retrouver des repères internes et à agir en cohérence avec ses valeurs peut constituer un appui précieux.
Une thérapie ancrée dans le concret
Même si elles intègrent des dimensions comme la pleine conscience, l’acceptation ou les valeurs, les thérapies de la troisième vague ne sont pas des approches vagues ou abstraites. Elles restent orientées vers la vie quotidienne et vers la possibilité de construire des réponses concrètes aux difficultés rencontrées.
L’objectif n’est pas seulement de mieux comprendre ce que l’on ressent, mais aussi de mieux vivre avec ses émotions, de développer des comportements plus ajustés, de sortir de certains schémas répétitifs, et de retrouver une capacité d’action plus libre et plus stable.
Il s’agit donc d’approches à la fois profondément humaines et très pragmatiques.
En conclusion
Les thérapies de la troisième vague représentent une évolution importante des thérapies cognitivo-comportementales. Elles proposent de ne pas se concentrer uniquement sur le changement des pensées ou des comportements, mais aussi sur la façon dont chacun peut apprendre à accueillir son expérience intérieure, à développer plus de souplesse, et à avancer dans une direction qui a du sens pour lui.
En mettant l’accent sur la pleine conscience, l’acceptation, les valeurs et la flexibilité psychologique, elles offrent des outils particulièrement utiles pour mieux faire face à l’anxiété, au stress, aux difficultés émotionnelles et relationnelles, ainsi qu’aux périodes de transition ou de changement.
Elles permettent non seulement de mieux vivre ce que l’on traverse, mais aussi de retrouver une manière plus consciente, plus libre et plus alignée d’habiter sa vie.
Si vous traversez une période de stress, d’anxiété, de transition ou de fragilité émotionnelle, vous pouvez consulter la page Anxiété, estime de soi, épisodes dépressifs ou la page Expatriation pour en savoir plus sur le cadre de l’accompagnement.


